Vocation et Sens : Un mélange explosif

Vocation et Sens : Un mélange explosif

L’un des premiers articles que j’ai écrit, Pourquoi mettre l’accent sur votre « Pourquoi », expliquait comment j’avais trouvé ma vocation. Une épiphanie qui a fait bifurquer ma carrière.

J’étais très loin de me douter, à ce moment, que ce n’était que la première d’une série d’épiphanies. Et je ne savais pas que ces épiphanies allaient commencer à se rapprocher, et se suivre, à une vitesse inimaginable.

Voici le chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui, 1 an plus tard, et les résultats que j’ai obtenus.

Après avoir trouvé ma Vocation

Lorsque j’ai pu nommer ma Vocation et que j’étais dorénavant capable de l’expliquer en format argument éclair, du genre elevator pitch, elle s’est ancrée dans la réalité. À partir de ce moment, il était clair que tout ce que je ferais serait en fonction de ma Vocation.

Chaque décision, chaque article, chaque intervention, chaque post, chaque discussion allait contribuer à mettre les humains au coeur du monde du travail et des entreprises.

Et je suis fier de dire que j’ai réussi à suivre cette ligne directrice. Il m’est arrivé d’avoir à vivre des situations où j’aurais pu nuire à ma Vocation. Lorsque c’est arrivé, je me suis senti sale, et dégoûtant. Je pilais sur mes valeurs. J’ai donc décidé que j’irais jusqu’au bout de mes convictions quitte à me mettre à risque.

C’était systématique. Je ne pouvais simplement pas contribuer à un système qui encourageait l’abus ou le mépris des humains au travail pour en faire des engrenages dans une machine. La première chose que j’ai faite a été de trouver un environnement qui serait propice à l’humain, et où mes croyances ne seraient pas vues comme des caprices, mais comme quelque chose qui va de soit. Et c’est à ce moment que j’ai accepté de travailler chez Marine Press comme gestionnaire.

Expériences éparses

J’en ai essayé des choses. Des expériences sur les humains, si je peux utiliser cette coquette expression. J’ai créé des définitions de « fantastique », des squads de gestionnaires au service des employés, des expériences pour augmenter la sécurité psychologique, des réflexions constantes sur comment ne pas être indispensable, des expériences pour réhumaniser le recrutement et trouver un moyen de créer des entrevues qui soient optimisés pour les candidats, fait la promotion du leadership bienveillant, dénoncé sauvagement la gestion traditionnelle et les gestionnaires sanguinaires et avides de pouvoir, réalisé qu’être un imposteur n’est pas une si mauvaise chose, au point à me lancer, récemment, dans la création de capsules vidéos

Tout cela, c’était mes courtes expériences contrôlées pour trouver des moyens de mettre une fois pour toutes les gens au cœur du travail. Qu’ils en soient des acteurs plutôt que des victimes.

J’ai apprécié chaque minute de ces expériences. Elles m’ont toutes appris quelque chose. Elles m’ont toutes rappelé que ce que je faisais valait la peine d’être fait. 

Épiphanies supplémentaires

D’autres épiphanies ont eu lieu plus récemment, et celles-là n’étaient pas en relation avec tous les humains au travail en général, mais un en particulier : moi.

Le temps n’est pas une ressource infinie

À mes débuts, mes expériences étaient confinées à mon département de Produits et Technologies chez Marine Press. J’étais payé pour faire ces expériences. Génial non?

À mesure que j’agrandissais mon terrain de jeu, je me suis rendu compte que je pouvais faire plus. Mes expériences ont commencé à déborder, et à aller à l’extérieur, jusque dans mon réseau. On a exporté nos expériences à Spark the Change lors d’une conférence et j’ai commencé à inclure les gens de mon réseau dans mes expériences en leur donnant une voix.

Plus je faisais d’expériences, plus j’exposais mon réseau à ces expériences, et plus cela me demandait du temps. Beaucoup de temps. Au début, Primos Populi me demandait environ 2h ou 3h par semaine. Aujourd’hui, si je ne me retiens pas, ça peut aller jusqu’à 35h. Le truc, c’est que je travaille déjà 40h.

Il m’est donc arrivé de faire 75h/semaine parce que mon besoin de ramener l’être humain au cœur du travail est plus fort que faire le minimum pour vivre et manger

Je devais trouver moyen de ne pas sacrifier ma santé physique et mentale, ma vie et ma famille tout en continuant à promouvoir la place de l’humain au cœur du travail.

Le temps c’est de l’argent

En passant autant de temps à travailler pour accomplir ma Vocation, il a bien fallu à la longue que la vie m’envoie un signal. La fatigue. J’étais en train de me brûler. Et c’est ainsi qu’on se rend compte que de toutes les ressources disponibles dans la vie, le temps est la seule qu’on ne peut pas acheter. 

Suite à la lecture de l’article de Maurice Lefebvre intitulé How to find time for meaning, et après beaucoup de discussions sur la valeur réellement apportée en entreprise, il n’a pas fallu si longtemps pour me rendre compte que ce que je faisais en dehors du travail était ce qui m’apportait le plus en terme de motivation intrinsèque.

En comprenant que le temps ne peut être acheté, je me suis demandé ce que je pouvais sacrifier. La famille et ma vie personnelle, ma vocation, ou mon travail à temps plein. Me poser la question, c’était y répondre.

Inspirer les gens est plus dangereux qu’il ne le paraît

J’ai toujours entretenu Primos Populi en me disant que si mes textes ou mes vidéos aidaient une seule personne, ils en valaient la peine.

J’ai reçu beaucoup de feedback positif sur mes textes sur la Vocation. Plusieurs personnes m’ont écrit pour me dire qu’elles souhaitaient réorienter leur carrière pour la consacrer à leur vocation. C’était tout un velours. 

Mais plus récemment, j’ai commencé à avoir des rétroactions beaucoup plus significatives et chargées en émotion. En voici quelques unes. 

J’ai pleuré en regardant ton vidéo sur le Syndrome de l’imposteur. Merci, merci de l’avoir dit tout haut!!

Après avoir vu ton vidéo sur Les Maudites Ressources, j’ai été voir mon patron qui prépare la création d’un outil ERP (Enterprise Resource Planner). Je lui ai dit « Hey, tu ne nous a jamais traité comme des ressources, ni appelé ressources. Pourquoi on ne fait pas un Enterprise People Planner? On pourrait y ajouter des fonctions de gestion de compétences et de carrière des gens. Ça nous différencierait de la compétition ». Mon patron a dit que c’était une idée incroyable et m’a confié le projet. Je commençais a chercher un autre emploi parce que je manquais de défis, finalement je l’ai trouvé sans changer d’employeur!

Mais le retour le plus significatif était celui-ci :

Quelqu’un m’a partagé ton Guide du parfait mauvais gestionnaire. Quand j’ai eu fini de le lire, j’étais ébranlée parce que j’avais reconnu tous les patrons de l’entreprise où je travaillais. Le lendemain, j’ai démissionné, avec rien d’autre devant moi. J’avais simplement décidé que je méritais d’être heureuse dans mon travail.

OH. 

Oh. Ça, ça a été tout un coup de pied dans le nid de guêpe de mon Sens. Ça n’a pas été immédiat, ça a pris quelques jours pour que je comprenne ce que je venais de lire. Mais lorsque j’ai compris, j’ai été complètement envahi par un sentiment d’accomplissement énorme. Ma quête de Sens venait finalement d’aboutir à son premier jalon.

Je venais de trouver un Sens à ce que je faisais et de réaliser que ce que je faisais était important. Cette alliage Vocation + Sens m’a apporté un sentiment de bonheur comme j’en n’ai pas connu souvent au niveau professionnel.

Si la Vocation est un objectif plus ou moins atteignable mais pour lequel nous nous battons corps et âme, le Sens est le moyen par lequel on peut atteindre notre Vocation en ayant l’impact le plus significatif. C’est ce qui détermine comment on fait une différence.

Quand les boucles sont bouclées

Cet événement a bouclé deux boucles. 

La personne qui m’a écrit pour me dire qu’elle abandonnait son emploi parce qu’elle méritait d’être heureuse, je l’ai contactée récemment pour lui raconter l’effet que son message avait eu, et que je sacrifiais aussi mon emploi à temps plein car je mérite également d’être heureux, sans me brûler, sans sacrifier ma vie privée et familiale.

L’autre boucle bouclée m’a fait sourire. Depuis tout ce temps où ma Vocation était claire, je cherchais sans cesse par quel moyen cela prendrait son Sens. Je me disais que je devais trouver la façon qui aurait le plus d’impact sur les gens, sur moi et sur le monde.

Ce témoignage m’a fait comprendre que c’était lorsque j’aidais des gens à s’approprier leur carrière et à prendre en main leur avenir pour être heureux.

Et pourtant, si je retourne en décembre 2017, dans mon article Pourquoi mettre l’accent sur votre « Pourquoi », voici ce que j’écrivais :

Une bonne journée, c’était lorsque que j’avais eu l’occasion d’aider quelqu’un à améliorer son environnement ou ses conditions de travail. À prendre en main son avenir. Que ce soit dans mon équipe, à mon travail ou même à l’extérieur.

Le Sens a toujours été dans ce que je faisais. Cela m’a simplement pris du temps pour comprendre à quel point ce que je faisais était important.

Et maintenant?

Je rejoins mes amis Maurice et Axel dans leurs entreprises. En faisant cela, je pourrai aider les gens à s’épanouir dans leur travail, ou s’émanciper des entreprises toxiques. Je pourrai me consacrer à transformer les entreprises pour que leurs employés puissent s’approprier leur travail, apporter un maximum de valeur et vivre dans une culture saine. Je pourrai inspirer en donnant des conférences, du coaching, du mentorat.

Et Primos Populi dans tout ça?

Ce sera la voix de notre travail. Vous aurez beaucoup plus de contenu, bien plus régulièrement! 🙂

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Vocation et Sens : Un mélange explosif
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Vocation et Sens : Un mélange explosif
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Trouver sa Vocation est très puissant, mais trouver le Sens qui donne toute son importance à ce que vous faites agit comme catalyseur. L'alliage entre les deux : un mélange explosif!
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Primos Populi
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Propriétaire de Primos Populi. En tant que gestionnaire, je préconise l’approche “les gens d’abord, et le reste suivra”. Mes sujets de prédilection sont la culture organisationnelle, le droit à l’erreur et l’abaissement du centre de gravité du pouvoir décisionnel. Je cultive l’épanouissement des gens.

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