Les avantages et inconvénients du leadership bienveillant

Les avantages et inconvénients du leadership bienveillant

Propriétaire de Primos Populi. En tant que gestionnaire, je préconise l’approche “les gens d’abord, et le reste suivra”. Mes sujets de prédilection sont la culture organisationnelle, le droit à l’erreur et l’abaissement du centre de gravité du pouvoir décisionnel. Je cultive l’épanouissement des gens.

Vous avez entendu parler du leadership bienveillant? J’ai aussi entendu parler de ce mouvement qui, selon mes recherches, semble être en réaction à la façon traditionnelle de gérer du personnel. Ce ne semble pas être une suite de comportements bien définis, mais simplement des gens qui prennent une approche plus humaine avec leurs collègues. Donc, naturellement, je m’associe à ce mouvement.

La façon traditionnelle de gérer est facilement identifiable. Dans le contexte traditionnel, on appelle généralement les gens « des ressources » au même titre que des chaises ou des imprimantes. Parfois, on dit que les gens sont des « actifs » ou du « capital humain ». Dans ce cas, si ce sont des actifs, pourquoi ne pas les vendre pour renflouer les coffres? Ça ne se fait pas de vendre les gens? Le leader bienveillant, lui, croit que ça ne se fait pas ce traiter les gens comme des objets ou des numéros.

J’aimerais donc développer un peu sur les avantages et inconvénients du leadership bienveillant.

Les avantages du leadership bienveillant

Le leader bienveillant est apprécié

Pour les leaders qui n’en ont rien à faire du pouvoir et préfèrent plutôt être appréciés en se mettant au service des autres, c’est le principal avantage.

Nous avons tous eu, à un moment où à un autre, un patron qui était craint de tout le monde. Comment cela se passait-il pour vous? L’auriez-vous invité à prendre un verre? Lui auriez-vous raconté votre week-end? Auriez-vous été vers lui si vous aviez besoin d’aide avec un problème personnel? Poser ces questions c’est y répondre. Le leader bienveillant, lui, vivra tous ses choses. Il n’est pas craint. On lui fait confiance.

Les employés aiment leur travail

Soyons honnêtes : 80% des départs sont des employés qui quittent avant tout leur patron. Ça arrive moins souvent aux leaders bienveillants. Sans grande surprise, les gens apprécient d’être considérés comme des êtres humains au travail. Que leurs sentiments et aspirations ne soient pas des irritants mais des éléments considérés comme importants lors d’une prise de décision.

Ça semble être une évidence quand on le répète : les gens n’apprécient pas être traités comme des objets ou du bétail… Pourtant je vous garantis que ça arrive tous les jours, même dans les meilleurs entreprises. À considérer.

Les employés se sentent plus en sécurité

Le leader bienveillant adopte un esprit de croissance et mettra beaucoup plus l’accent sur les leçons apprises lors d’échecs que sur ces mêmes échecs, laissant ainsi place à l’apprentissage et à l’amélioration continue. Le leader bienveillant crée un environnement psychologiquement sécuritaire pour ses employés.

Le leader bienveillant sait faire ressortir son propre côté humain, imparfait et vulnérable. Il fait aussi des erreurs et en parle ouvertement. Si c’est bon pour les leaders c’est aussi bon pour les autres. Il prêche donc par l’exemple.

Le leader bienveillant peut créer des ambassadeurs pour l’entreprise

« Wow, j’aimerais tellement avoir des patrons comme les tiens », ça vous dit quelque chose?

Il arrivera que des employés tentent de faire embaucher des amis, parce que ses gestionnaires ont une approche plus humaine qu’ils apprécient énormément. Il arrivera même que que des candidats en entrevue (et n’ayant pas réussi à avoir un poste) réfèrent quelqu’un à l’entreprise. Je parle en connaissance de cause, l’ayant vécu moi-même.

Traiter les gens de façon convenable n’est pas seulement la bonne chose à faire, mais cela vous donne aussi un sérieux avantage sur votre compétition. Les gens parleront de vous en bien… et les autres auront envie de venir travailler chez vous. Ça fait changement non?

Les employés se portent volontaire pour faire le travail

Et c’est surtout parce que le leader bienveillant aura tendance à inclure ses collègues dans les prises de décisions. Et des gens qui se sentent inclus et savent qu’ils peuvent participer se verront davantage comme des acteurs de leur travail et non des victimes.

Alors que les victimes ont tendance à attendre qu’on leur donne du travail à faire, puisqu’ils ont probablement déjà accepté leur destinée: ils n’ont pas un mot à dire, ils ne peuvent choisir leur travail, et ne peuvent faire de suggestions… ceux qui ont la possibilité d’être des acteurs de leur travail ne le font pas simplement « parce qu’on leur a dit de le faire » mais parce qu’on leur donne l’opportunité d’en avoir envie, d’y croire et de souhaiteer faire une différence et voir l’impact sur leur produit ou client.

Les désavantages du leadership bienveillant

La prise de décisions difficiles leur est… plus difficile

Même les gestionnaires plus bienveillants auront des décisions difficiles à prendre de temps en temps. Laisser aller quelqu’un, par exemple, est parfois nécessaire, et cela leur semblera être totalement en contradiction avec leur style de gestion.

Même si, selon plusieurs, il n’existe pas de bonne façon de laisser aller quelqu’un, il y a toujours un moyen de le faire plus humainement. Comment? Je n’en suis pas certain moi-même, et ça dépend aussi de la personne avec qui on interagit. Il faut aussi suivre notre instinct.

Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que parfois la décision difficile doit être prise pour le bien commun. Il ne faut pas non plus oublier les autres qui seront encore là par la suite. Il vaut la peine de leur demander comment ils se sentent par rapport à cette décision, s’ils ont des craintes ou des questions.

Il est difficile de garder tout le monde heureux

On s’entend, souhaiter que tous soient heureux n’est pas une mauvaise chose. Le problème est lorsqu’on hésite ou évite à prendre une décision difficile de peur de déplaire à quelqu’un. N’oubliez pas que ce que vous ne faites pas aura souvent plus d’impact que ce que vous faites. À ce moment, des choses qui seraient normalement intolérables deviennent parfois, et à tort, tolérables. En ne souhaitant pas déplaire à une personne en particulier, on peut se retrouver avec une équipe entière qui soit insatisfaite.

Parfois, comme on l’a vu dans le point précédent, il faut faire des choix. Je préfère avoir 9 personnes dont le moral est à 9/10 et une dont le moral est à 4/10 (et cela est peut-être un symptôme de quelque chose d’autre qu’il vaille la peine d’investiguer) plutôt qu’avoir 10 personnes dont le moral est à 5 ou 6/10.

Le leader bienveillant doit parfois appuyer décisions qui contredisent ses valeurs

Le gestionnaire bienveillant a souvent lui-même un gestionnaire, qui peut être bienveillant aussi (ou pas) et qui prend également des décisions difficiles.

Il lui arrivera, donc, de ne pas être d’accord avec une décision, mais de devoir l’appuyer. C’est extrêmement difficile, surtout lorsque cela crée un conflit de valeurs personnelles. Dans un contexte traditionnel, cela est monnaie courante. Dans un environnement bienveillant, cela génère davantage de vagues et de réflexion.

Je ne prétends pas avoir de solution pour cela. Il faut faire preuve de transparence, et de courage, pour avoir des discussions quant aux raisons de notre désaccord, et adopter une attitude de croissance et d’amélioration : comment faire pour être davantage alignés?

Le leader bienveillant peut être perçu comme étant « faible »

Spécialement de la part des fans de la gestion traditionnelle. Ceux qui sont plus directifs, et dorment sur leurs deux oreilles après chaque décision qui bouleversera la vie des autres, car ils se campent sur leur position d’autorité. Pour ceux-là, prendre une approche bienveillante peut être un signe de faiblesse, de manque de courage managérial. Et vous savez quoi? Je crois que c’est une bonne chose.

Le leader bienveillant souhaiterait-il plutôt être perçu comme un être sans coeur? Souhaite-t-il vraiment devenir habitué et bon à faire des mises à pied? Il est de mon avis que le leader bienveillant acceptera parfaitement la perception qu’on a de son style de gestion, quitte à ne pas faire l’unaminité. Après tout, le leadership n’est jamais à propos du leader, mais de ceux de qui il s’occupe. Si son équipe est heureuse et performante, sa réputation importe peu.

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Le leader bienveillant s'occupe des gens de façon humaine, et non comme des numéros. Quels sont les bienfaits et les difficultés que cette approche occasionne?
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