Society 5.0: What does it mean for us?

Société 5.0 : qu’est-ce que cela signifie pour nous?

Cet article est une présentation de
Société 5.0 : qu'est-ce que cela signifie pour nous?
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Nous sommes maintenant à l’aube de la cinquième ère de la société humaine. Ce n’est pas une mince affaire.

Comme tout changement d’ère de la société, celle-ci est animée par l’émergence de technologies révolutionnaires, et dans ce cas-ci de celles issues de la quatrième révolution industrielle. Des avancées marquantes dans les domaines de la biotechnologie, de l’intelligence artificielle, de l’informatique quantique, de l’infonuagique (cloud computing) et infonébulique (fog computing), de l’Internet des objets, des systèmes cyber-physiques et de la nanotechnologie. Nous passons de la technologie comme outil pour contrôler notre environnement, vers la technologie intégrée à notre environnement.

Le terme révolution sociale est tout à fait approprié. Plus que de lents progrès, nous assistons à une cascade d’innovations ainsi qu’à des avancées significatives en matière de science et de technologie. Cela signifie un changement suffisamment puissant pour toucher profondément tous les aspects de notre société. À peu près la moitié des types d’emplois actuels seront remplacés par des emplois qui n’existent même pas encore. Les connexions entre humains et machines, incluant via des implants, deviendront monnaie courante pour diverses raisons (incluant médicalesaugmentation ou contrôle). La percée de la biotechnologie s’accélère, nous aide à transcender nos limites ou à à prendre le dessus sur certaines maladies graves.

En 2016, le Japon a proposé une initiative baptisée Société 5.0 pour lancer une réflexion délibérée sur l’utilisation des avancées technologiques émergentes pour adresser les défis de leur société et mieux servir la population. 

Cet événement est important.

La plupart des gouvernements se contentent de réagir aux problèmes actuels en offrant des solutions immédiates pour apaiser leurs électeurs, adressant les symptômes plutôt que la source. Lorsqu’un gouvernement préfère entretenir artificiellement une entreprise qui n’a aucun espoir d’être compétitive ou de réaliser de nouveaux profit simplement pour «sauver des emplois» ou lorsqu’un gouvernement adopte de puissantes mesures restrictives parce qu’il ne sait pas vraiment comment gérer les technologies émergentes, il ne prépare pas sa société pour le futur. Au lieu de s’attaquer au véritable problème et de construire pour l’avenir, il ne crée qu’une fausse solution et une illusion de sécurité. Avant longtemps cette entreprise fermera quand même ses portes et ses employés ne seront pas mieux lotis à ce moment-là. Ou des moyens de contourner légalement ces règlements seront rapidement trouvés par les partisans honnêtes de la technologie émergente (et les moins honnêtes n’attendront même pas aussi longtemps).

Ce que fait le Japon, c’est faire face à ce qui va arriver et de tenter d’incorporer ces changements de manière positive au sein de sa société. Ils le font de manière proactive et travaillent avec les créateurs de ces avancées technologiques ainsi qu’avec des futuristes dans le but de concevoir un avenir meilleur pour tous. La règlementation est inévitable, mais pour guider plutôt que de bloquer. L’approche n’est pas encore parfaite (comme en attesteront les promoteurs de la cryptomonnaie), mais la volonté y est.

Les gens d’abord

En 2011, en Allemagne, un groupe de travail a proposé un plan intitulé Industrie 4.0 pour déterminer comment l’industrie manufacturière pourrait exploiter les nouvelles technologies. Les discussions autour de l’Industrie 4.0 ont évolué et se sont étendues bien au-delà de l’Allemagne depuis, favorisant la transition vers des «usines intelligentes» et une meilleure chaîne de valeur dans le monde entier.

La société 5.0 est construite sur le même modèle: plan et directives de haut niveau, espace de travail pour les discussions. L’idée est de trouver comment utiliser la technologie pour améliorer le bien-être des personnes et de l’environnement dans lequel ils vivent (environnements de vie et de travail, ainsi que l’environnement).

Avec le vieillissement rapide de la population, l’épuisement de la main-d’œuvre, la perte de qualité de vie, les problèmes de durabilité énergétique et des ressources, ainsi que les problèmes de transport, la société japonaise est très préoccupée. Ailleurs, l’urgence de ces défis peut se faire moins sentir, mais ceux-ci n’en demeurent une préoccupation importante. 

Un des éléments clés consiste à mieux intégrer la technologie à notre environnement pour que celle-ci devienne transparente. Nous seulement cette approche contribue à éliminer un important obstacle pour des segments de la population moins familiers avec la technologie, mais en rendant la technologie virtuellement invisible la discussion s’éloigne de la technologie elle-même pour se recentrer sur les humains. 

La technologie vise à améliorer nos capacités et à nous libérer du travail répétitif et de faible valeur, pour nous permettre de prendre en charge des choses plus importantes. C’était toujours le but et cela a été une réalité pour certaines classes de travailleurs. Mais la technologie est imparfaite et nécessite beaucoup de gens pour la maintenir, l’analyser et en tirer profit. Maintenant, nous avons atteint un point où la technologie peut prendre en charge la majeure partie de ce travail pour nous. C’est une bonne chose, mais qui peut rapidement causer des problèmes. 

Nous n’avons pas fini de parler de la société 5.0

Le plan japonais pour la société 5.0 nous donne un aperçu passionnant de la manière dont la technologie peut améliorer nos vies dans des domaines tels que la mobilité, la santé, l’alimentation, l’agriculture, la fabrication, l’énergie et la prévention des catastrophes. Cependant, il est incomplet car il ne couvre le futur du travail ni les concepts tels que la quête de sens dans une société en partie post-emplois. Je ne crois pas que ce soit un oubli, mais plutôt un espace laissé ouvert à la discussion et à l’initiation de nouvelles idées.

Ce dont nous devons nous assurer, en tant que société, c’est de ne pas devenir inutiles ou dépassés face à la technologie. Bien que ce ne soit pas un problème sur le long terme, après tout nous trouverons toujours des domaines où nous excellerons plus que les machines, sur le court terme, de grands segments de la population se retrouveront sans emplois, sans options et sans solution de rechange. Cette situation s’est reproduite au début de chaque révolution industrielle, et celle-ci ne sera pas différente. La différence est qu’armés de ces informations, nous agissions maintenant pour trouver les façons de permettre à ces gens de trouver un sens, de nouvelles opportunités et un futur positif pendant cette période, plutôt que d’y trouver misère et désespoir.

Le désir d’un sens à notre vie n’est pas réservé aux laissés pour contre de cette période de changements. Ceux qui en bénéficierons risquent également de perdre leur sentiment de validation. Pensez-y : si les technologies émergentes éliminent votre besoin de travailler, font disparaître les tâches routinières de votre vie tout en ajoutant 30 ans à votre vie productive, qu’allez-vous faire? Nous nous définissons tellement par notre rôle dans la société, qu’arrivera-t-il lorsque ce rôle, voire le besoin de ce rôle cessera d’exister? C’est le syndrome du retraité généralisé au reste de la population! Quelques années à profiter des loisirs de la retraite, mais une fois la nouveauté passé, la grande question se pose: “Et maintenant?”.

Nous, humains, avons besoin de sens à notre vie, un besoin de validation de notre existence. Nous parlons beaucoup du bonheur, mais le sens est beaucoup plus important pour notre bien-être. Traditionnellement, ce sens fut tiré du cumul de la validation apportée en partie par par notre profession, en partie par la famille, par la communauté, et par la religion. Plus ces éléments s’estompent, plus les gens souffrent de dépression, de malaise, de solitude et d’aliénation. Regardez notre société telle qu’elle est présentement. Les loisirs, les voyages, l’argent et les nouvelles expériences peuvent être enrichissants, mais ils ne sont pas une validation à notre vie, ils ne sont pas notre POURQUOI.

Dans le cadre de la discussion sur la Société 5.0, nous devons aborder le sujet de la quête du sens et de l’évolution nécessaire à notre sentiment de validation. Nous devons explorer de nouvelles voies de validation qui tireront parti de notre paradigme technologique moderne. Il y a toujours une place pour l’humain dans notre monde, pour pour faire avancer la société, découvrir de nouvelles choses et améliorer la vie. Cette opportunité n’est pas réservée à une minorité d’élite : le monde de la société 5.0 offre à un nombre grandissant de gens la possibilité de s’engager et de devenir une force positive, dans notre environnement immédiat ou dans le monde entier.

Faire partie de la discussion

La plupart des discussions sur Industrie 4.0 ne concernent que des gens d’affaires et des professionnels, mais la Société 5.0 est entièrement différente et devrait inclure la voix de futuristes, de philosophes, d’historiens, de professionnels de la technologie, de cols bleus, de cols blancs, des entrepreneurs et, plus encore. Les changements de société affectent tout le monde, il est donc naturel que nous soyons tous représentés dans la discussion. 

Les questions sont d’une simplicité trompeuse : “À la lumière de ce que nous voyons arriver, où souhaitons-nous amener notre société?”, “Comment pouvons-nous trouver un sens à notre vie quand le monde que nous connaissons est remplacé par un nouveau un paradigme?”, “Comment pouvons-nous contribuer à créer un monde meilleur pour tous?”, “Comment pouvons-nous préparer et aider les autres à se préparer?”.

En 2017, pour trouver des réponses à ces questions, j’ai fondé Hivernité : un petit groupe de réflexion visant à aider notre société à prendre conscience, à évoluer et à s’adapter à la société 5.0. Il en est encore à ses débuts, mais nous avons engendrés un petit écosystème de projets visant à éduquer les gens et à leur ouvrir de nouvelles perspectives. Nous discutons de sens, repensons le lieu de travail, utilisons le system thinking pour la conception de nouveaux écosystèmes, travaillons au développement du potentiel des gens et plus encore. Ce fut une année exigeante, rocambolesque, mais finalement l’une des plus satisfaisantes de ma vie. J’ai trouvé mon « pourquoi ».

Vous n’avez pas besoin d’un groupe de réflexion pour participer à la discussion. Regardez autour de vous. Quelles choses (travail, services, opportunités) peuvent disparaître et comment pouvez-vous les remplacer par quelque chose de plus adapté aux réalités de demain? Vous n’avez pas non plus besoin de connaître les réponses pour le moment. Commencez la discussion et vous serez surpris par le potentiel de changement positif va en émergerer.

Je suis un futuriste, un penseur système et un expert en transformation organisationnelle, dédié à faciliter notre transition vers la société 5.0. Je suis disponible en tant que conférencier par le biais du groupe de réflexion Hivernité (www.hivernite.ca), ainsi que par un formateur et coach en organisation par le biais de Moabi Formations (www.moabiformation.com).

4 thoughts on “Société 5.0 : qu’est-ce que cela signifie pour nous?

  1. Bravo Maurice,

    Je partage ta vision du monde.

    Je suis absolument d’accord avec ta mission et je la trouve noble.

    Très hâte d’échanger sur le sujet.

    Merci!

  2. Tres Inspriant Maurice,

    Je suis en techno, et j’aime a rever bien des system societeaux/economiques différent.
    Sans preché l’abondance pour tous, une utilisation des ressources plus intelligentes, et une redirections des prametres de réussites (ce que l’on fait pour la société et non pas ce que cela rapport) sont mes deux cheveaux de courses.

    Continuons…!

    1. Bonjour Arnaud,
      Je pense que nous ne sommes pas si loin d’une vrai possibilité à une abondance pour tous via la technologie. Le plus grand défi reste l’aspect humain: ce n’est pas parce qu’il y a abondance qu’il y a volonté pour que celle-ci soit accessible à tous. Dans tous les cas, je ne m’attend pas à ce que cette prospérité soit distribuée à tous et j’ai consacré beaucoup d’efforts ces dernières années à aider les gens à aller eux même piger dans cette prospérité.
      L’un des défis que nous avons avec Hivernité est que pour créer des systèmes qui soient adoptés et qui répartissent mieux cette prospérité (ayant pour effet de libérer la pression sur les gens et leur donner le loisir de se développer et d’atteindre leur vrai potentiel de conytribution au système) nous devons clairement présenter les avantages directs à cette redistribution de prospérité pour ceux qui en ont le contrôle. J’ai un regard positif et optimiste sur ce qui peut se faire, mais mon expérience m’a démontré à plusieurs reprises que nous avons besoin de la participation de gens qui n’ont que leur propre agenda à coeur et qui ne changerons pas. Il faut trouver des solutions qui allient ces agendas avec le bénéfice des gens et de la société en général. Pas une mince affaire…

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